Culture et mouvements de pensée - Régime britannique - Anticléricalisme



La domination qu’exerce l’Église sur l’ensemble de la société du Québec, tout au long du 19e siècle, ne fait pas l’unanimité.  Il existe des groupes, plus libéraux, qui s’opposent à l’ultramontanisme que l’Église tente d’imposer : on les nomme les anticléricaux.  Ils refusent les interventions du clergé dans la société civile et remettent en question les valeurs véhiculées par l’Église.  Au niveau politique, ils prônent la séparation de l’Église et de l’État, car selon eux, l’Église ne devrait intervenir que dans la sphère religieuse.

C’est essentiellement après 1840 que ce mouvement de pensée se manifeste dans la colonie.  Cela s’explique en partie par la position de l’Église pendant les Rébellions de 1837-38, qui va farouchement s’opposer aux Patriotes.  Ainsi, dans les années 1850-60, plusieurs anciens Patriotes vont se joindre au Parti rouge, farouchement anticlérical.  Un autre lieu de contestation du pouvoir de l’Église, c’est l’Institut canadien.  Fondé en 1844, à Montréal, on y milite pour la liberté de pensée et de conscience.  On y discute, à travers des conférences, de toutes sortes de sujets, comme par exemple de science, de politique, de philosophie et de littérature.  Cependant, l’Institut canadien est surtout connu pour sa bibliothèque.  Comme il conteste l’autorité de l’Église, l’Institut canadien va même inclure des livres dans sa bibliothèque qui sont mis à l’Index par l’Église, qui condamne l’Institut et ceux qui en font partie.  D’autres instituts sont fondés sur le même modèle, mais seul celui de Québec existe toujours de nos jours.  En plus de l’Institut canadien, les anticléricaux vont diffuser leurs idées dans des journaux comme l’Avenir qu’ils vont publier au milieu du 19e siècle.  Louis-Antoine Dessaulles, le neveu de Papineau, publie d’ailleurs plusieurs les lettres où il fait la promotion de la séparation de l’Église et de l’État et y réclame des écoles laïques.  Arthur Buies, quant à lui, publie les Lettres sur le Canada.  Il  dénonce le retard que connaît le Canada français sur le reste de l’Amérique du nord et en attribue la cause au clergé qui contrôle le système d’éducation.  Sa solution, comme Dessaulles,  consiste à former un système d’éducation laïque, une réalité qui ne verra pas le jour avant 1960.

Jimmy Grenier

Enseignant au secondaire depuis une dizaine d'années, j'utilise ce site pour donner aux élèves un outil supplémentaire pour favoriser leur apprentissage.

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