HQC4 - La formation du régime fédéral canadien - 3 - Gouvernement responsable

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Alliance réformiste


En 1841, alors qu’on commence à appliquer l’Acte d’union, deux nouvelles tendances politiques prennent le relai de celles des années 1830, celle des conservateurs, qu’on appelle aussi Tories, et celle des réformistes. Les conservateurs, comme leur nom le suggère, veulent maintenir en place les institutions de l’Acte d’Union telles qu’elles le sont. Présents dans le Haut-Canada et le Bas-Canada, ils ont souvent l’appui des gouverneurs. Pour eux, le développement économique de la colonie est important, ce qui s’explique en partie parce que plusieurs d’entre eux font partie de la bourgeoisie d’affaires. D’autre part, les réformistes, de tendance plus libérale, pensent plutôt qu’il est nécessaire de réformer le système politique afin de donner davantage de pouvoirs aux députés de l’assemblée législative puisqu’ils sont les représentants élus du peuple.
En 1841, le chef des réformistes du Haut-Canada, Robert Baldwin, et celui du Bas-Canada, Louis-Hippolyte Lafontaine, unissent leur forces et forment une alliance électorale : l’alliance réformiste. L’objectif de celle-ci est simple : faire appliquer dans la colonie le principe du gouvernement responsable. Cependant, pour faire partie de l’alliance, les réformistes du Bas-Canada réclament qu’on laisse une place au français dans la vie politique de la colonie, ce que les réformistes du Haut-Canada acceptent en échange de l’appui de ceux du Bas-Canada à leurs programme économique. Cette alliance signifie en quelque sorte que la politique d’assimilation prévue par l’Acte d’Union est un échec. 

Fonctionnement du gouvernement responsable


Bien qu’à partir de 1841, le parti réformiste détienne la majorité des sièges à l’Assemblée législative, les gouverneurs en fonction refusent d’appliquer le principe de la responsabilité ministérielle. Il faut attendre en 1848 pour que les réformistes obtiennent gain de cause. Le gouverneur lord Elgin demande alors au tandem Lafontaine-Baldwin, dont le parti est majoritaire à l'assemblée législative, de former le conseil exécutif. Ils deviennent alors chefs du premier gouvernement responsable de l’histoire de la colonie et portent le titre de premier ministres. Encore aujourd’hui, c’est toujours au chef du parti majoritaire à l’assemblée que revient le privilège de former le gouvernement.
Dorénavant à la tête de la colonie, Lafontaine-Baldwin, devenus premiers ministres, ils peuvent donc gouverner la colonie sans que la métropole ou le gouverneur n’intervienne directement dans les affaires locales. Cette autonomie leur permet de prendre des décisions comme celle de verser des indemnités aux familles des Patriotes touchées pendant les événements de 1837-38. Cette décision suscite la colère des conservateurs au point tel qu’une émeute à Montréal mène à l’incendie du Parlement en 1849.

Instabilité ministérielle


En 1851, l’alliance réformiste n’a plus de raison d’être puisqu’elle a atteint son objectif et les forces politiques se réorganisent. Les élections opposent les Clear Grits et le Parti libéral-conservateur dans le Haut-Canada, et le Parti rouge et le Parti bleu dans le Bas-Canada. À ce moment commence une décennie d’instabilité ministérielle. Ainsi, de 1854 à 1864, dix gouvernements se succèdent, tous incapables d’obtenir la majorité dans les deux régions de la Province du Canada, ce qui rend difficile la prise de décisions importantes dans la colonie.

D’autre part, un nouvel enjeu politique vient s’ajouter. L’Acte d’Union prévoit que le Haut-Canada et le Bas-Canada doivent avoir le même nombre de députés à l’assemblée législative, une situation qui avantageait le Haut-Canada, en 1841, puisqu’il était moins populeux, mais qui le désavantage à partir des années 1850 puisque la situation démographique s’est inversée : c’est maintenant le Bas-Canada qui est moins populeux que le Haut-Canada. George Brown, chef des Clear Grits, fait alors de l’enjeu de la représentation proportionnelle à la population un slogan - rep by pop. Cet enjeu politique fondamental ajoute de l’instabilité politique puisqu’il rend difficile une alliance entre les Clear Grits et le Parti rouge, qui refuse ce principe qui enlèverait du poids politique aux Canadiens-français à l’assemblée législative.


Extrait de la précision des connaissances 



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