Population et peuplement – Régime français – Capsule 3 - Le territoire français en Amérique du Nord



Le territoire de la Nouvelle-France qui sera occupé en premier, c’est celui des premiers établissements de Québec, Trois-Rivières et Montréal.  Cependant, dans le monde rural, on utilisera un système pour augmenter la population et surtout organiser le territoire : le régime seigneurial.  

On peut voir encore aujourd’hui les traces de ce système dans le paysage rural québécois  Ce système, qui vient de France, est aussi un mode d’organisation sociale qui va perdurer, même après le Régime français   La manière de fonctionner est assez simple.  Ainsi, l’État va remettre à des seigneurs de grands domaines, à la condition qu’ils les subdivisent en terres plus petites, les censives,  et qu’ils les remettent gratuitement à des colons qui en font la demande.  Généralement, les censives sont des rectangles étroits orientés perpendiculairement au fleuve St-Laurent ou à un autre cours d’eau, comme la rivière Chaudière ou la rivière Richelieu.  Les terres les plus convoitées sont évidemment celles qui sont en bordure de l’eau, ce sont les premières à être occupées pour des raisons pratiques.  En échange d’une terre gratuite, le censitaire doit s’engager à la mettre en valeur et à accomplir différentes corvées et payer différentes redevances annuelles au seigneur, comme  le cens et la rente. 

Une fois que la première rangée de terres est concédée, un deuxième rang est ouvert, parallèle au premier.  Pour se rendre du premier au deuxième rang, un chemin était construit, qu’on appelle la montée.  On ouvrait autant de rangs que le territoire de la seigneurie le permettait.  Des terres, que tous les colons pouvaient utiliser, étaient aussi réservées pour les animaux d’élevage des premiers colons : c’est la commune.  Les seigneurs, quant à eux,  vont vivre sur une terre qu’ils se réservent et vont y construire un manoir seigneurial.  Aux débuts de la colonisation, il est à peine plus confortable que les humbles habitations des colons, ce qui sera moins vrai à la fin du régime français.  Près du manoir seigneurial se construira une église.   On lui réserve une place de choix dans la seigneurie et des terres à proximité lui sont réservées, pour le cimetière et le presbytère ; ce sont les terres de la fabrique.  Généralement, c’est près de l’église que se développera plus tard le village.  S’ajoute finalement le moulin banal que le seigneur devra construire pour que ses colons puissent moudre leurs grains, en échange d’une partie de la farine produite.

En 1663, les seigneuries seront de taille inégale et dispersées entre Montréal et Québec.  Le Canada, nom qu’on donne à la vallée du St-Laurent à l’époque, est peu peuplé et cela a une incidence sur l’occupation de son territoire : on trouve peu de villages, si ce n’est la population de Québec, Montréal et Trois-Rivières.    Il faut faire la distinction entre le territoire occupé par la Nouvelle-France et le territoire possédé, puisque la population ne va pas nécessairement s’établir dans tout le territoire possédé.  Le territoire dont la Nouvelle-France revendique la possession, en 1663, comprend notamment la vallée du St-Laurent, l’Acadie, ainsi que la partie connue des Grands Lacs. 

Différents voyages faits par les explorateurs vont agrandir le territoire de la colonie pour l’amener à son apogée, à la fin du 17e siècle.  Cependant, cette extension maximale sera de courte durée puisqu’en 1713, à la suite d’une guerre contre la Grande-Bretagne, la France a perdu plusieurs territoires avec le traité d’Utrecht.  À ce moment, la Nouvelle-France s’étend du Labrador jusqu’en Louisiane, en passant par le Mississipi.  Elle perd définitivement Terre-Neuve, le territoire de la Baie d’Hudson et la partie de l’Acadie qui deviendra la Nouvelle-Écosse.  La population, quant à elle, continue toujours de vivre essentiellement dans la vallée du St-Laurent, qui va toutefois être plus densément occupée, suite à l’augmentation de la population connue depuis que l’État a pris des mesures en ce sens, avec Jean Talon.

Jimmy Grenier

Enseignant au secondaire depuis une dizaine d'années, j'utilise ce site pour donner aux élèves un outil supplémentaire pour favoriser leur apprentissage.

2 commentaires:

  1. merci beaucoup! vous me donnez la chance de m'améliorer en histoire, cette matière que je déteste car je ne retient rien...

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    1. Bonne étude! Le but n'est pas de tout retenir mais de mieux comprendre! :)

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