Population et peuplement – Régime français – Capsule 2 – Les effets de la présence européenne sur les Amérindiens, en Nouvelle-France




Bien qu’elle ne soit pas aussi importante que celles des colonies anglaises, la croissance de la population en Nouvelle-France aura quand même d’importants effets sur ceux qui occupaient le territoire bien avant eux, les Amérindiens. 

Avec le manque de femmes que la colonie a connu au cours du 17e siècle, on peut se demander si le métissage entre Européens et Amérindiens a eu une importance sur le peuplement de la Nouvelle-France.  On sait qu’il a existé, mais encore aujourd’hui il est difficile de savoir à quelle hauteur.  Ce qu’on sait avec certitude, c’est que le roi autorise en Nouvelle-France les mariages entre un Français et une Amérindienne, à la condition qu’elle soit chrétienne.  Le métissage était donc une manière d’assimiler les Amérindiens, alors que ceux-ci voyaient ces mariages comme une manière de sceller des alliances avec les Blancs.  Cependant, bien peu de mariages mixtes sont célébrés dans la vallée du St-Laurent, ce qui fait de cette politique du roi un échec.  Les Amérindiennes préfèrent garder la liberté sexuelle qu’elles ont chez elles plutôt que d’adopter le modèle d’obéissance que la religion chrétienne impose aux femmes mariées.   Par contre, le métissage est sûrement plus grand en dehors de la vallée du St-Laurent, dans les Grands lacs, où les coureurs des bois sont en contact régulièrement avec les Amérindiens.  Ces unions restent cependant difficiles à quantifier.

Un autre impact de la présence française sur les Amérindiens, c’est sans l’ombre d’un doute la diminution de la population autochtone qui sera non négligeable.   Les Européens étaient, depuis des siècles, immunisés contre des maladies comme la variole, la varicelle, ou même la grippe, ce qui n’était pas le cas des Amérindiens, qui n’avaient jamais été en contact avec ces infections.  La diminution de la population sera amplifiée par la présence des missionnaires qui se rendent directement dans les territoires autochtones pour les convertir.  Comme si ce n’était pas assez, les guerres franco-iroquoises ont fait plusieurs victimes, même chez les alliés Français, comme les Hurons.  Ces derniers, affaiblis par les maladies européennes, ont vu leur territoire, la Huronie, complètement anéantie.  C’est à ce moment qu’ils vont venir s’établir dans la région de Québec pour y trouver refuge.

La présence française aura d’ailleurs comme impact l’établissement de réductions.  Une réduction, c’est en fait un petit village Amérindien que les missionnaires vont créer pour convertir les Amérindiens et les assimiler au mode de vie européen.   Les Français appelleront les Amérindiens qui vivent dans des réductions des « domiciliés ».  On en trouve un peu partout au Québec, notamment dans la région de Québec, Montréal et Trois-Rivières.  Dans plusieurs cas, ces villages vont devenir plus tard des réserves.  Parmi les réductions connues, on peut citer Wendaké, où les Hurons se sont installés à la fin du 17e siècle, après la destruction de la Huronie.  On peut aussi nommer Kanesatake, près de Montréal, ainsi que Kahnawake.

L’autre impact territorial de la présence française, pour les Amérindiens, sera lié directement à l’occupation du territoire par les Français.  En fait, les Français vont construire toute une série de forts et de postes de traite dans la région des Grands lacs et du Mississippi, ce qui repoussera évidemment les Amérindiens un peu plus loin, tout comme la colonisation de la vallée du St-Laurent va réduire le territoire de chasse des tribus algonquiennes qui vivaient à proximité.

Jimmy Grenier

Enseignant au secondaire depuis une dizaine d'années, j'utilise ce site pour donner aux élèves un outil supplémentaire pour favoriser leur apprentissage.

1 commentaire:

  1. Cette capsule est très bien conçue et le choix des images est excellent! Merci!

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