Les Premiers occupants - Capsule 1 - Les réseaux d’échanges



Vers 1500, au Québec, les différents groupes autochtones pratiquent des activités économiques variées qui auront une grande incidence sur la société dans laquelle ils vivent ainsi que dans la manière dont ils occupent leur territoire.

Les autochtones qui font partie de la famille des Algonquiens pratiquent la chasse, la pêche et la cueillette. Pour pratiquer ce genre d’activité économique, ils n’ont d’autre choix que d’adopter un mode de vie nomade ; ils se déplacent au gré des saisons et de la présence du gibier. Dans ce contexte, ils vont couvrir un territoire particulièrement étendu. Ils vont l’organiser en aménageant des campements temporaires près de l’endroit où ils vont pratiquer la chasse. Au Québec, on les retrouve dans le Bouclier canadien ainsi que dans les Appalaches qui regorgent de forêts boréales et de forêts mixtes, riches en gibier et en fruits sauvages grâce au climat continental humide. La pratique de ces activités économiques amène aussi une division sexuelle du travail. Ainsi, ce sont surtout les hommes qui vont assurer la subsistance du groupe. Ils vont à la chasse au gros gibier, comme l’orignal ou le caribou, ce qui donne une grande influence aux hommes dans la société. On dit de ce type de société qu’elle est patriarcale. Par exemple, ce sont les hommes qui sont choisis comme chefs et ils ont aussi la responsabilité des déplacements du groupe. Malgré cela, les femmes ont tout de même un rôle primordial dans la société. En plus de s’occuper des enfants, de tout ce qui touche à l’entretien de l’habitation, de la préparation de la viande et de la cuisine, elles s’occupent aussi de la cueillette et on peut même les voir à la chasse au petit gibier, comme le lièvre par exemple. L’importance des femmes dans l’économie des Algonquiens, même si c’est une société patriarcale, n’est donc pas à négliger. 

Les Iroquoïens, quant à eux, vont surtout pratiquer l’agriculture comme activité économique. Ils cultivent les trois sœurs : c’est-à-dire le maïs, la courge et le haricot, mais ils font aussi pousser d’autres plantes, comme le tabac. Bien qu’ils pratiquent aussi la chasse, la pêche et la cueillette, les produits agricoles composent toutefois l’essentiel de leur alimentation, ce qui les amènent vers un mode de vie plutôt sédentaire et à organiser leur territoire en villages autour duquel ils vont aménager les champs. Le territoire couvert n’a pas besoin d’être étendu puisqu’ils pratiquent l’agriculture. On les trouve donc surtout dans la région des basses terres du St-Laurent et des Grands lacs, là où le climat plus doux et aussi le relief plat permet de pratiquer leurs activités agricoles. À la différence des Algonquiens, les Iroquoïens sont des peuples où ce sont les femmes qui s’occupent davantage des activités de subsistance. Ce sont elles qui font sèment les grains et qui en font la récolte. À ces tâches féminines s’ajoutent les mêmes qu’on retrouve chez les Algonquiens, comme l’entretien de l’habitation et le soin des enfants. Les femmes ont une grande influence chez les Iroquoïens à cause de la place importante qu’elles occupent au niveau économique, on dit donc de leur société qu’elle est matriarcale. Pour illustrer ce fait, on peut dire, par exemple, que les femmes aînées sont consultées quand vient le temps de choisir les chefs du village. Les hommes ne sont quand même pas en reste et vont s’occuper du défrichement, une activité préalable à toute activité agricole, ainsi que de ce qui touche à la construction, à la à la guerre, à la diplomatie et au commerce. 

Malgré qu’ils occupent des activités économiques de subsistance, les autochtones ne vivent pas en vase-clôt sans contact avec leurs voisins. Bien au contraire, les autochtones vont faire beaucoup de commerce entre eux, ce qui leur permet de tisser des alliances avec leurs voisins, mais aussi et surtout satisfaire leurs besoins. Bien avant l’arrivée des Européens en Amérique, les Amérindiens avaient déjà créé tout un réseau d’échanges basé sur le troc, qui était organisé à travers l’Amérique du Nord. Ils utilisent les nombreux cours d’eau qui serpentent le territoire pour aller à la rencontre d’autres nations qui vont leur fournir les produits qu’ils ne peuvent produire eux-mêmes. De véritables foires commerciales vont donc s’organiser à des lieux de rencontre importants, comme le confluent de la rivière des Outaouais et du Fleuve St-Laurent ou encore à Tadoussac. Comme le territoire est trop vaste, ils vont utiliser plusieurs intermédiaires pour que les produits d’échanges puissent circuler sur de grandes distances. On a trouvé des coquillages du Golfe du Mexique aussi loin que dans les provinces Maritimes. Les Amérindiens s’échangent aussi de la silice, ou encore des produits agricoles, comme le maïs, contre des produits de la chasse, pour que chaque nation puisse combler ses besoins. Au niveau des pratiques commerciales, les Amérindiens n’avaient rien à envier aux Européens.

Jimmy Grenier

Enseignant au secondaire depuis une dizaine d'années, j'utilise ce site pour donner aux élèves un outil supplémentaire pour favoriser leur apprentissage.

3 commentaires:

  1. Ce vidéo parle principalement des Algonquiens et Iroquoiens, mais quant n'est-il des Inuits.... Comment font-ils leurs échanges ?

    RépondreEffacer
  2. Ils ont peu d'échanges avec les autres Amérindiens, vu leur position nordique. Si échange il y a, c'est à travers les réseaux d'échanges des peuples vivant le plus près d'eux avec qui ils feront des échanges (ex. Innus ou Cris).

    RépondreEffacer
    Réponses
    1. Merci beaucoup !:) c'est très gentil de répondre aux questions des élèves aussi rapidement !

      Effacer