HQC4 - P8 - Les choix de société dans le Québec contemporain - 06 - Égalité hommes-femmes

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Équité salariale


Depuis 1976, le principe du travail égal-salaire égal est reconnu dans la Charte québécoise des droits et libertés.  Néanmoins, d’importantes disparités salariales persistent entre les hommes et les femmes.  Cet enjeu devient une revendication importante des mouvements féministes dans les années 1980 et 1990.  Bien que plusieurs femmes prennent dorénavant une place plus importante dans des métiers non-traditionnels, plusieurs d’entre elles occupent des emplois moins bien rémunérés que ceux occupés par des hommes.  Cette disparité est, sans contredit, l'une des raisons expliquant que les femmes ont un revenu inférieur à celui des hommes.

En 1996, le gouvernement du Québec cherche à corriger cette situation et fait adopter la Loi sur l’équité salariale.  Celle-ci prévoit qu’une personne occupant un emploi à prédominance féminine, comme celui de secrétaire ou d’infirmière, doit recevoir le même salaire qu’une personne occupant un emploi à prédominance masculine, jugé équivalent, comme celui de mécanicien ou de livreur.  Les employeurs ont des comptes à rendre afin de démontrer qu’ils respectent la loi.  Par exemple, ils doivent comparer les différents corps d’emploi afin d’établir leur valeur.  Ils doivent tenir compte de plusieurs critères (qualifications, responsabilités assumées, efforts requis, conditions dans lesquelles le travail est effectué).  Ensuite, s’il y en a, ils doivent corriger les écarts salariaux entre les différents corps d’emploi afin d’éliminer toute discrimination.  Cette loi a permis, autant à des femmes qu’à des hommes, d’obtenir des rattrapages salariaux.

La place plus importante qu’occupent les femmes dans la société ne doit toutefois pas faire oublier les obstacles qu’elles ont rencontrés pour y arriver.  Par exemple, en 1988, après des années de luttes, la Cour suprême du Canada rend une décision historique en jugeant inconstitutionnelle l’article de loi qui criminalise l'avortement.   À compter de cette date, les femmes peuvent interrompre leur grossesse sans craindre d’être poursuivie au criminel.    

Dans un autre ordre d’idée, le 6 décembre 1989, Marc Lépine fait irruption à l’École Polytechnique de Montréal, un établissement universitaire qui forme de futurs ingénieurs, alors considéré comme un métier non-traditionnellement féminin.  Armé d’un fusil semi-automatique, il sépare les hommes des femmes et tue 14 d’entre elles, en plus d’en blesser 13 autres.  L’auteur de la tragédie de Polytechnique vouait une haine envers les féministes qu’il considérait responsables de ses échecs personnels.  Aujourd’hui, le drame de Polytechnique est considéré comme un attentat féminicide.

Parité


La question salariale n’est pas le seul enjeu de la lutte pour l’égalité.  Depuis 1980, les femmes cherchent aussi à être mieux représentées dans les postes d’influence, qu’ils soient politiques ou économiques, puisqu’elles y sont sous-représentées.  Cette recherche d’une meilleure représentativité est appelée la parité.   Les gouvernements ont mis en place certaines mesures pour y parvenir.  Par exemple, en 2011, la Loi sur la gouvernance des sociétés d’État oblige celles-ci à se doter d’un conseil d’administration constitué à part égale d’hommes et de femmes.    Au niveau politique, aucune loi n’oblige les partis ou les gouvernements à être paritaires.  Cependant, les partis sont plus sensibles à cette réalité, mais chercher cet équilibre apporte son lot de défis.  Par exemple, le recrutement de candidates aux élections est difficile, particulièrement en raison de la difficulté à concilier la vie familiale avec la vie politique.  De plus, on confie souvent aux femmes qui se portent candidates aux élections des circonscriptions où elles ont peu de chances de l’emporter.  En 2007, malgré ces défis, le premier ministre Jean Charest compose le premier conseil des ministres paritaire.  Il s’entoure de femmes à forte personnalité et leur confie des postes importants.   Cinq ans plus tard, en 2012, Pauline Marois, la cheffe du Parti québécois, est la première femme à être élue première ministre du Québec, ce qui marque une autre étape importante pour la reconnaissance de l’égalité entre les hommes et les femmes. 

Conciliation travail-famille


Dans les années 1980 et 1990, la présence des femmes sur le marché du travail est plus grande que jamais.   Cependant, c’est encore essentiellement sur elles que reposent les responsabilités familiales comme les tâches ménagères et l’éducation des enfants.  En revanche, les mentalités évoluent et les femmes réclament une meilleure répartition des tâches.   Ces bouleversements sociaux marquent la diminution du taux de natalité et la nécessité de trouver un meilleur équilibre entre la vie familiale et les obligations liées au travail : c’est ce qu’on appelle la conciliation travail-famille.  En 1997, le gouvernement Bouchard adopte sa première politique familiale.  L’État québécois met alors sur pied un réseau public de garderies subventionnées sans but lucratif : les Centres de la petite enfance (CPE).  Surnommés au départ « garderies à 5$ » en raison de leur coût journalier, les CPE permettent à de nombreuses femmes d’accéder ou de rester sur le marché du travail, tout en ayant de jeunes enfants.  En 2006, c’est au tour du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) d’être instauré par le gouvernement Charest.  Cette mesure de conciliation travail-famille permet aux nouveaux parents d'obtenir un pourcentage de leur revenu habituel durant un congé prévu pour prendre soin de leur nouvel enfant. Preuve que les temps changent, un certain nombre de semaines peuvent être partagées à leur guise entre le père et la mère.  

En plus de la lutte faite par les femmes pour l’égalité, d’autres groupes cherchent aussi à faire reconnaître leurs droits.  En 2002, une étape importante est franchie lorsque la première union civile est célébrée entre deux conjoints de même sexe.   Ces couples n’ont toutefois pas la possibilité de se marier.  La situation change en 2005 alors que la loi fédérale est modifiée afin de permettre le mariage entre conjoints de même sexe.  Depuis, la société ne cesse de remettre en question les modèles familiaux traditionnels.  La diversité des orientations sexuelles et le bouleversement de l’identité de genre suscitent de nouveaux débats en lien avec cette quête de l’égalité.

Précision des connaissances



Documents iconographiques utilisés

(sources détaillées à venir)



























































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