HQC4 - P6 - Les nationalismes et l'autonomie du Canada - 12 - Première guerre mondiale

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Intérêts nationaux européens


Au début du 20e siècle, la situation politique en Europe est tendue.  L’essor économique de l’Allemagne, qui cherche à construire un empire colonial, inquiète les autres puissances comme le Royaume-Uni et la France.  Certaines vieilles rancœurs subsistent ; par exemple, la France n’accepte toujours pas la perte de l’Alsace-Lorraine au profit de l’Allemagne, en 1871, alors que la Russie et l’Autriche-Hongrie cherchent à étendre leur influence sur la région des Balkans.  Exacerbées par un fort vent nationaliste, ces tensions amènent les grandes puissances vers une course à l’armement.  Deux alliances rivales se forment : la Triple-Alliance, constituée de l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie, alors que la Triple-Entente regroupe le Royaume-Uni, la France et la Russie.  En 1914, une série d’événements déclenchent le conflit.  Alors qu’il est en visite à Sarajevo, l’archiduc de l’Empire austo-hongrois, François Ferdinand, est assassiné par un terroriste serbe.  À cause du système d’alliances, ce qui devait être un simple conflit régional entre l’Autriche-Hongrie et la Serbie devient la bougie d’allumage à la Première guerre mondiale.  Quelques semaines après cet assassinat, la Belgique, pourtant neutre, est envahie par l’Allemagne. C’est ainsi que le 4 août, le Royaume-Uni entre dans le conflit en déclarant la guerre à l’Allemagne.

Gouvernement de guerre


Au Canada, c’est le conservateur Robert Borden qui est Premier ministre.  Avec l’entrée en guerre du Royaume-Uni le Canada est aussi en état de guerre.  Le Parlement canadien adopte quelques semaines plus tard la loi sur les mesures de guerre.  Celle-ci donne au gouvernement des pouvoirs spéciaux vu la nature exceptionnelle de la guerre en limitant les droits et libertés des Canadiens.  Par exemple, la loi précise que Cabinet peut gouverner par décret, sans consulter la Chambre des Communes. De plus, le gouvernement contrôle la diffusion de l'information en imposant la censure est imposée, ce qui limite la liberté d’expression des journaux et des publications.  Les immigrants qui sont originaires des pays avec qui le Canada est en guerre perdent leur droit de vote, certains sont même internés (Ukrainiens).  La loi donne aussi d’importants pouvoirs au gouvernement sur le plan économique, dont celui de contrôler les prix, mais aussi de contrôler la production en vue de l’effort de guerre.

En 1914, le Canada en dispose que d’environ 3000 soldats.  Le gouvernement, pour répondre aux besoin militaires organise la création du Corps expéditionnaire canadien, une armée de volontaires qui est sous la direction de l’armée britannique.  Le premier contingent part pour l’Angleterre en octobre 1914 pour s’entraîner avant d’aller au front en 1915. Les Canadiens-français ne sont pas entraînés dans leur langue, ce qui amène des défis autant au niveau du recrutement que de l’entraînement comme tel, c’est pourquoi un bataillon francophone est créé : le 22e bataillon d’infanterie.

Crise de la conscription


La guerre, en 1915, passe d’une guerre de mouvement à une guerre de position.   L’équilibre des forces amène chaque camp à creuser des tranchées afin de protéger ses acquis, ce qui en fait une véritable guerre d’usure.  En 1915-16, le front est plutôt stable malgré le fait que de nouveaux pays s’ajoutent aux alliances existantes et que d’autres changent de camp.  Le Canada, pour sa part, participe activement à de nombreuses batailles importantes de la Première guerre mondiale dont. la bataille de Vimy, en 1917, qui est est la plus importante. Cette attaque contre une position allemande fait 3600 morts et 7000 blessés du côté canadien.

Malgré ces prouesses militaires, le recrutement demeure difficile, surtout chez les Canadiens-français.  Le gouvernement mène des campagnes de propagande pour inciter ceux-ci à s’enrôler, mais le résultat est insuffisant.  En août 1917, la loi sur le service militaire obligatoire est promulguée la conscription est imposée malgré la promesse qui avait été faite de ne faire appel qu’à des volontaires.  Tout homme âgé entre 20 et 45 ans doit s’enrôler. Pour s’assurer de l’appui de la population, Borden créée un gouvernement de coalition et déclenche des élections à l’automne 1917.  Les conservateurs et quelques libéraux favorables à la conscription sont réélus, malgré le peu d’appui chez les Canadiens-français.  La conscription sera bel et bien imposée.  La réaction est vive au Québec.  Un député propose même une motion qui restera sans lendemain pour que le Québec quitte le Canada.   À Montréal et à Québec, des manifestations sont organisées.  Celle de Québec tourne à l’émeute et quatre hommes sont tués après que l’armée eut tiré sur la foule.  Malgré les protestation, la conscription est maintenue.  Elle obtient toutefois un succès mitigé puisque plusieurs conscrits trouvent des prétextes afin d’éviter d’être enrôlé, alors que d’autres doivent se cacher.  À la fin de la guerre, bien seulement 48 000 conscrits n’ont été envoyés outre-mer, mais cette crise aura ravivé le sentiment nationaliste et divisé profondément le Canada

Effort de guerre des hommes et des femmes


L’effort de guerre ne se mesure pas qu’à la vaillance de ses soldats.  Au Canada, les industries sont mises à contribution afin de contribuer à la victoire.  Les usines sont converties pour produire du matériel militaire, alors que les cultivateurs fournissent les vivres nécessaires au ravitaillement.  Les femmes sont mises à contribution.  Puisqu’il y a pénurie de main d’oeuvre, plusieurs femmes prennent la place des hommes partis à la guerre dans les usines d’armement.   D’autres préfèrent l’aventure et choisissent de devenir infirmières pour l’armée.

L’effort de guerre se fait aussi à la maison.  De la propagande est faite pour inciter la population à diminuer sa consommation de produits susceptibles d’être utiles à l’armée, comme la viande ou l’essence.  Certains produits sont même réquisitionnés, alors que d’autres sont interdits à l’importation. D’autre part, pour financer la guerre, le gouvernement invite les Canadiens à acheter les obligations de la Victoire.  Les épargnants prêtent, en quelque sorte, leurs économies au gouvernement.  La vente des obligations de la victoire permet d’amasser environ 2 milliards de dollars pour soutenir l’effort de guerre.  En plus de l’émission d’obligations, le gouvernement finance aussi la guerre avec l’implantation d’un impôt sur le revenu en 1917, une mesure temporaire qui deviendra permanente par la suite.

Rétablissement civil des soldats


Les combats cessent le 11 novembre 1918, jour de l’armistice.  La victoire des alliés de la Triple-Entente contre l’Allemagne se confirme l’année suivante avec le traité de Versailles.  Pour le Canada, cela signifie la démobilisation de milliers de soldats qui sont de retour au pays en 1919.  Certains vétérans reprennent ancien leur emploi, ce qui signifie pour plusieurs femmes qui les avaient remplacés, qu’elles perdent leur emploi.  Le retour à la vie civile est cependant difficile pour plusieurs soldats.  Des soins médicaux sont offerts pour ceux qui souffrent de blessures physiques, mais les blessures psychologiques laissent pour plusieurs des traces indélébiles.  Afin de soutenir les vétérans, le gouvernement offre des terres aux soldats démobilisés et leur verse des pensions pour qu’ils puissent subvenir à leurs besoins.

Société des Nations


En 1920, la Société des Nations est créée, tel que le prévoit le traité de Versaille signé l’année précédente.  À l’origine, cette organisation réunit des représentants de 45 pays et vise essentiellement à préserver la paix en arbitrant les conflits internationaux.  Le président américain Woodrow Wilson a joué un rôle déterminant dans la fondation de la SDN, mais les États-Unis ne feront pas partie de celle-ci, ce qui explique en partie son échec.  À sa création, le Canada est toujours un dominion, ce qui ne l’empêche pas d’être un membre fondateur de l’organisation.  En 1945, la SDN est remplacée par l’Organisation des Nations unies.

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