HQC4 - P6 - Les nationalismes et l'autonomie du Canada - 3 - Politique intérieure

Vidéo




Ère libérale


En 1896, un changement de garde s’opère en politique fédérale avec l’élection du Parti libéral de Wilfrid Laurier.  Son élection fait de lui le premier canadien-français à occuper le poste de Premier ministre du Canada, un poste qu’il occupera jusqu’en 1911.  Toute sa carrière, Wilfrid Laurier est reconnu comme étant un homme de compromis, une attitude qu’il tente d’adopter à chaque fois qu’une décision est prise, même si cette décision semble déplaire à tout le monde plutôt que de faire consensus..   Cette attitude de compromis amène aussi un changement de ton dans les relations entre les provinces et le gouvernement fédéral puisque contrairement aux conservateurs de John A. Macdonald, le gouvernement Laurier laisse davantage d’autonomie aux provinces. Au niveau provincial, on peut aussi parler d’une ère libérale au Québec.. L’élection de Félix-Gabriel Marchand en 1897 permet au parti libéral de conserver le pouvoir sur la province pendant près de quarante ans.  


Pouvoirs fiscaux


Depuis 1867, les pouvoirs fiscaux au Canada sont répartis entre les provinces et le gouvernement fédéral selon les termes de l’AANB.  Au début du 20e siècle, les provinces voient leurs dépenses augmenter, notamment à cause de la construction d’infrastructures, alors que leurs revenus stagnent.  Les provinces profitent donc des conférences provinciales qui sont organisées avec le fédéral pour réclamer de celui-ci une augmentation des transferts fédéraux pour de compenser ce manque à gagner. Le gouvernement  gouvernement fédéral leur donne raison en 1907 et fait modifier l’AANB en conséquence. (33%).  Un autre changement important est apporté en 1917 quand un impôt fédéral sur le revenu est créé afin de financer l’effort de guerre, un impôt qui se voulait temporaire, mais qui est devenu permanent.


Minorité franco-catholique


Au début du siècle, les Canadiens-français représentent environ 30% de la population du Canada.  La survie de la culture canadienne-française, principalement hors-Québec, devient alors un enjeu important. Si le Canada doit être pour les impérialistes anglophone et protestant, les nationalistes sont plutôt d’avis qu’il faut aussi protéger la minorité francophone et catholique, notamment en reconnaissant le caractère bilingue du Canada.

Cette question de la survie de la minorité canadienne-française se pose dès l’élection de Laurier, en 1896.  Depuis 1890, le gouvernement du Manitoba a aboli l'enseignement confessionnel, une situation qui a semé de vives inquiétudes chez les Canadiens-français catholiques qui considèrent ce changement comme une attaque à leur religion et à leur langue.  Bien qu’un compromis soit négocié entre la province et le gouvernement fédéral en 1896, la décision d’abolir l’enseignement confessionnel au Manitoba est maintenue.  Le compromis Laurier-Greenway prévoit toutefois un enseignement public catholique en français, mais sous certaines certaines conditions jugées trop contraignantes par plusieurs Canadiens-français.

En 1912, c’est au tour de la minorité canadienne-française de l’Ontario, qui représente 10% de la population de la province, de se battre pour son système scolaire.  Cette année là, le gouvernement ontarien (James Whitney) adopte alors le Règlement 17.  Cette mesure interdit l’enseignement du français après les deux premières années du primaire, une décision qui mène à une levée de boucliers chez les Franco-ontariens, mais aussi chez les nationalistes du Québec.  Suite à une longue bataille, le règlement 17 n’est plus appliqué à partir de 1927.


Gouverne des populations des Premières Nations et de la nation inuite


Les Premières nations sont assujettis à la Loi sur les Indiens depuis 1876. Malgré que la loi soit modifiée à quelques reprises, notamment pour obliger les enfants à fréquenter les pensionnats autochtones, l’objectif de celle-ci demeure le même : assimiler ces peuples à la majorité blanche.  C’est au Ministère des affaires indiennes que le mandat d’appliquer la loi est confié, un mandat qui est élargi en 1924 pour inclure les Inuits.  Ces derniers voient leur statut changer en 1939, lorsque la Cour Suprême rend un jugement qui rend le gouvernement canadien responsable d’eux sur le plan juridique, un peu comme les Premières nations.

Le Ministère des affaires indiennes a des pouvoirs très importants dans les réserves, comme par exemple, celui d’interdire la participation à des danses traditionnelles.   Au niveau local, les décisions ne sont plus prises par des chefs désignés de manière traditionnelle, mais par des conseils de bande élus par la population de la réserve.  Cependant, le ministère se réserve le droit d’agir sans leur approbation lorsqu’il le juge nécessaire, ce qui limite leurs pouvoirs.

D’autre part, afin de poursuivre la colonisation des terres de l’Ouest et s’assurer le plein contrôle des richesses naturelles, le gouvernement canadien signe de nombreux traités numérotés avec les Premières nations.  Ceux-ci ont comme conséquence la création de nouvelles réserves dans lesquelles doivent vivre les autochtones.  Les conditions de vie difficiles dans celles-ci amènent les autochtones à s’organiser politiquement.  C’est dans ce contexte qu’est née la Ligue des Indiens  du Canada en 1919 qui défend les droits des Premières nations.


Territoire canadien


En 1896, quand Laurier prend le pouvoir, il poursuit les principaux objectifs de la Politique nationale. Ainsi, son gouvernement continue d’investir dans la construction de chemins de fer, ce qui favorise le peuplement des Prairies par des immigrants qui sont attirés par la prospérité économique du dominion.  En conséquence, en 1905, la hausse de la population dans l’ouest justifie la création de deux nouvelles : l’Alberta et la Saskatchewan.   

En 1912, les frontières du Québec sont repoussées vers le nord lorsque le district d’Ungava est rattaché à la province, ce qui en double pratiquement la superficie.  Cependant, un flou qui subsiste en ce qui concerne le Labrador.  Suite à une décision du conseil privé de Londres en 1927, celui-ci est rattaché définitivement à Terre-Neuve, mais la question de ses frontières n’est toujours pas réglée.

Cette extension du territoire amène québécois vers le nord amène le gouvernement du Québec favoriser l’exploitation de nouvelles ressources naturelles, mais aussi à entretenir de nouvelles relations avec les peuples comme les Cris et les Inuits qui y sont déjà établis.

Précision des connaissances



Documents iconographiques










































HQC4 - P6 - Les nationalismes et l'autonomie du Canada - 3 - Politique intérieure HQC4 - P6 - Les nationalismes et l'autonomie du Canada - 3 - Politique intérieure Reviewed by Jimmy Grenier on 23 novembre Rating: 5