Régime français - Culture et mouvements de pensée – Capsule 3 – Esprit d’indépendance et d’adaptation des Canadiens



Les Français qui ont choisi de venir s’établir en Nouvelle-France ont, à travers le temps, développé leur propre culture et leur propre identité et vont cesser de se définir comme Français, mais plutôt comme Canadiens. Ils ont gardé des éléments de leur culture d’origine, comme la religion, mais ils se sont adaptés graduellement au territoire et au climat de la vallée du St-Laurent qui est plus rigoureux qu’en France. À titre d’exemple d’adaptations, on peut mentionner la construction des maisons. Au début de la colonisation, au 17e siècle, elles sont en bois et ne sont constituées que d’une seule pièce dans laquelle on trouve un foyer qui sert pour le chauffage, la cuisine et l’éclairage. Comme il faut se protéger du froid, les premières maisons comportent peu de fenêtres, mais ce qui va surtout caractériser la maison canadienne, c’est l’inclinaison plus grande du toit, question d’éviter que la neige s’accumule sur celui-ci.

Pour s’adapter à leur nouveau territoire, les Canadiens, vont devoir utiliser de nouveaux moyens de transports. Pour ce faire, les Amérindiens leur seront d’une grande utilité. Les coureurs des bois, qui sont le plus en contact avec eux, vont apprendre à utiliser les raquettes, le toboggan et le canot d’écorce. Les Canadiens vont devoir aussi adapter leurs vêtements à l’hiver rigoureux de la vallée du St-Laurent. Encore une fois, ils vont s’inspirer des vêtements des Amérindiens, comme les peaux d’animaux, mais ils vont aussi transformer des vêtements Français pour les adapter à la réalité de la vallée du St-Laurent. De plus, l’Habitant va modifier son alimentation. Il va intégrer des aliments des Amérindiens, comme les trois sœurs et le sirop d’érable, ainsi que les produits de la chasse, la pêche et la cueillette.

Cette présence amérindienne conjuguée avec l’éloignement de la métropole vont aussi amener l’Habitant de la vallée du St-Laurent va développer un esprit d’indépendance qui se manifeste de plusieurs façons. Des observateurs, comme le Père Charlevoix et Pehr Kalm, un botaniste de passage dans la colonie, vont décrire le Canadien comme un être qui résiste à l’autorité. Il semble que les Canadiens soient plus égalitaires et respectent moins les privilèges de la noblesse que les Français, comme par exemple celui de porter une arme. Les observateurs pointent du doigt l’influence des autochtones pour dénoncer cet esprit d’indépendance. Par exemple, les autochtones ont une façon beaucoup plus permissive d’éduquer leurs enfants.
L’esprit d’indépendance des Canadiens se manifeste de bien d’autres façons. Par exemple, à la fin du 17e siècle, les autorités ont mis en place un système de permis de traite pour inciter les Canadiens à défricher une terre plutôt que de faire la traite des fourrures. Or, beaucoup de coureurs des bois vont préférer leur liberté et continuer de faire la traite des fourrures, même sans permis. Les marchands vont aussi contourner les règles en échangeant de l’eau-de-vie contre des fourrures aux Amérindiens, malgré l’interdiction de l’Église. Certains Canadiens vont aussi résister à l’Église, entre autres, en ne payant pas la dîme, ou encore en assistant à des danses où hommes et femmes se retrouvent, alors que d’autres vont aller dans des cabarets pour y consommer des boissons alcooliques, malgré les menaces d’excommunication de l’Église.

Jimmy Grenier

Enseignant au secondaire depuis une dizaine d'années, j'utilise ce site pour donner aux élèves un outil supplémentaire pour favoriser leur apprentissage.

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