Régime français - Culture et mouvements de pensée – Capsule 2 – Catholicisme



Le catholicisme est une idéologie qui va marquer l’histoire du Québec comme peu d’autres courants de pensée vont le faire. Comme son nom le dit, le catholicisme fait référence à la religion catholique. Cette religion chrétienne se distingue du protestantisme par la reconnaissance de l’autorité du pape par les pratiquants. Le catholicisme sera la seule religion autorisée pendant une bonne partie de l’histoire de la colonie ; ce monopole religieux explique pourquoi la très vaste majorité de la population de la Nouvelle-France soit catholique.

Ce courant de pensée se manifeste, entre autres par l’importance qu’on accorde à l’église, un des édifices les plus importants, autant dans les premiers établissements que dans les seigneuries. Le domaine artistique est aussi fortement influencé par le catholicisme. Par exemple, certaines œuvres, comme le Tartufe de Molière, sont interdites par l’évêque St-Vallier. Celui-ci juge les comédies et le théâtre contraires aux valeurs catholiques. L’évêque est sans contredit un personnage qui incarne le catholicisme en Nouvelle-France. Comme il représente le pape, c’est lui qui dirige le clergé s’assure de transmettre aux curés les différents mandements qu’ils vont devoir lire à la messe du dimanche, une messe à laquelle tous les habitants sont tenus d’assister. La vie quotidienne de ceux-ci est grandement influencée par l’encadrement du curé. Par exemple, il faut lui confesser ses péchés et respecter le calendrier religieux. Gare à ceux qui ne respectent pas les jours de jeûne ou qui ne feraient pas leurs prières! Dans les familles, on dit que les femmes vont jouer un rôle important pour veiller au respect de ces obligations religieuses.
Dès les débuts de la colonisation, un des objectifs principaux sera d’étendre la religion catholique aux Amérindiens. Marc Lescarbot publiera d’ailleurs un livre au nom évocateur, en 1610 : La Conversion des Sauvages. Cependant, c’est plutôt aux communautés religieuses qu’on confiera le mandat d’évangéliser les Amérindiens ; les Récollets d’abord, puis ensuite aux Jésuites. Ces derniers vont nous laisser des récits détaillés de leurs missions d’évangélisation, les Relations des Jésuites, qui sont encore abondamment utilisés par les historiens de nos jours. De plus, bien qu’ils soient laïcs, c’est le catholicisme qui a inspiré Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance à fonder Ville-Marie, dans l’espoir de convertir des Iroquois. 

Le catholicisme inspirera aussi d’autres communautés religieuses, qui vont transmettre les valeurs chrétiennes tout en dispensant des services sociaux à la population. D’autres vont préférer passer par l’éducation pour transmettre les valeurs catholiques. Par exemple, les Ursulines vont se dévouer à Québec pour éduquer les Huronnes ainsi que les filles des premiers colons. L’école, qu’elle s’adresse à des Blancs ou aux Amérindiens sera imprégnée du catholicisme. Pour faciliter l’apprentissage des rites et des dogmes catholiques, St-Vallier fait imprimer en France le Catéchisme du diocèse de Québec, une synthèse de ce que tout bon catholique doit savoir.

Jimmy Grenier

Enseignant au secondaire depuis une dizaine d'années, j'utilise ce site pour donner aux élèves un outil supplémentaire pour favoriser leur apprentissage.

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