HQC4 - P7 - La modernisation du Québec et la Révolution tranquille - 10 - Néonationalisme

Vidéo




Mouvement de décolonisation


Pendant la Seconde guerre mondiale, les puissances européennes comme le Royaume-Uni ont fait appel à leurs colonies afin d’obtenir les ressources et les troupes nécessaires à leur victoire.  Une fois le conflit terminé, ces colonies ont, face à leur métropole, un rapport de force pour réclamer leur indépendance politique.   Ces colonies  d’Afrique et d’Asie trouvent en l’Organisation des Nations unies, un nouvel appui à leur revendications indépendantistes puisque la charte de l’ONU, adoptée en 1945, défend des principes comme l’égalité des peuples.  Dans les métropoles européennes, qui sont affaiblies par la guerre, on se préoccupe davantage de la reconstruction que du sort des empires coloniaux, qui ne de toute façon plus rentables comme ils l’étaient autrefois.   Si parfois la décolonisation se fait de manière pacifique, l’indépendance des colonies s’obtient aussi à la suite à de guerres ou de violentes révolutions.

Identité territoriale


Pendant ce temps, au Québec, le nationalisme se métamorphose et s’inspire de ce mouvement de décolonisation.  Avant les années 1960, le nationalisme est défendu par les élites intellectuelles et le clergé.  Il fait la promotion d’idées chères à l'Église, comme la vie rurale, les valeurs traditionnelles et, bien sûr, la langue française et la religion catholique.   Cependant, durant les années 1960, les mentalités changent et le clergé perd peu à peu son influence.  Le nationalisme et l’identité prennent une dimension plus territoriale et s’inspirent du mouvement de décolonisation,   De canadien-français qu’il était, le nationalisme devient Québécois et même, pour certains, indépendantiste.  Cette nouvelle forme de nationalisme est appelée le néonationalisme.


Mouvement indépendantiste


C’est dans ce contexte néonationaliste qu’émerge un mouvement indépendantiste, qui défend l’idée que le Québec devrait être un pays au début des années 1960.  Le Rassemblement pour l’indépendance nationale est l’un d’eux.  Plutôt campé à gauche sur l’échiquier politique, le RIN est fondé en 1960 et devient un parti politique en 1963.  Il participe aux élections provinciales de 1966, mais aucun candidat n’est élu.  Pierre Bourgault, reconnu pour sa fougue et ses discours, est une figure importante de ce parti dont il a été un des chefs.  C’est une dispute interne au R.I.N. qui mène à la fondation du Ralliement national, un autre parti politique indépendantiste, plutôt campé à droite celui-là, qui participe aussi aux élections provinciales de 1966. 

Le Front de libération du Québec, quant à lui, est fondé en 1963 et diffère des autres mouvements indépendantistes puisqu’il n’est pas un parti politique. Organisé en cellules autonomes plutôt qu’en mouvement centralisé, les felquistes agissent plus violemment pour revendiquer l’indépendance du Québec, y allant de vols à main armée jusqu’aux attentats terroristes.  Inspiré des mouvements de décolonisation révolutionnaires, le FLQ n’hésite pas à s’en prendre aux symboles canadiens ou britanniques en plaçant des bombes dans des boîtes aux lettres ou près des casernes militaires.  Le FLQ marque l’histoire du Québec de manière sombre avec la Crise d’Octobre, en 1970.  Le 5 octobre 1970, une cellule du FLQ enlève James Richard Cross, un diplomate britannique, et exige la lecture de leur manifeste à Radio-Canada en plus de la libération de plusieurs felquistes, qu’elle considère des prisonniers politiques.  Quelques jours plus tard, c’est au tour du ministre de la Justice, Pierre Laporte, d’être victime d’enlèvement.  Le 16 octobre, le Premier ministre du Canada, Pierre-Elliott Trudeau invoque la Loi sur les mesures de guerre et déploie l’armée dans tout Montréal, une décision qui est encore controversée aujourd’hui.  Plus de 500 sympathisants indépendantistes sont arrêtés sans mandat, sans toutefois mettre la main sur les coupables.   Le lendemain, le corps de Pierre Laporte est retrouvé mort, ce qui discrédite pour de bon le FLQ aux yeux de la population, malgré la sympathie que leur cause a pu susciter au départ dans l’opinion publique.  Le 3 décembre, James Richard Cross est libéré après que les autorités aient négocié avec les ravisseurs leur déportation vers Cuba, ce qui met fin à une des pires crises politiques de l’histoire du Québec.  



Création du Parti québécois


En 1967, alors qu’il est toujours député libéral, René Lévesque propose à son parti d’envisager une nouvelle entente Québec-Canada dans laquelle le Québec réaliserait la souveraineté, c’est à dire l’indépendance, mais qui serait inclurait une nouvelle association économique négociée d’égal à égal avec le reste du Canada, ce qu’on appelle la souveraineté-association.  Devant le refus des libéraux de débattre de son idée, il quitte le parti et fonde le Mouvement souveraineté-association.  Afin de rallier les forces indépendantistes, le MSA de René Lévesque fusionne l’année suivante avec le Ralliement national de Gilles Grégoire, ce qui mène à la création du Parti Québécois, en octobre 1968.  Le RIN, exclu des négociations, se saborde quelques jours plus tard et ses militants, à titre individuel,  rejoignent le Parti Québécois.   

Le Parti Québécois présente des candidats pour la première fois aux élections de 1970, mais ne fait élire que sept députés malgré un appui populaire dépassant 23%.   Après avoir subi la défaite à nouveau en 1973, le PQ modifie sa stratégie pour les élections suivantes et propose que la réalisation de la souveraineté-association soit conditionnelle à un processus en plusieurs étapes qui inclut la tenue d’un référendum sur la souveraineté-association.  
Aux élections de 1976, c’est donc en promettant d’être un bon gouvernement avant de tenir un référendum sur la souveraineté-association qu’il réussit à prendre le pouvoir.  Une fois en place, le gouvernement Lévesque adopte plusieurs différentes mesures interventionnistes inspirées de la social-démocratie dans toutes sortes de domaines.  On peut citer par exemple la loi sur la protection de la jeunesse, qui met en place les DPJ, la loi sur l’assurance-automobile, qui est sans égard à la faute,  la loi sur les normes du travail, la loi sur le financement des partis politiques, la loi sur la protection du territoire agricole, mais aussi la Charte de la langue française, mieux connue comme la loi 101. En 1979, le gouvernement Lévesque prépare la tenue du référendum de 1980 en proposant La nouvelle entente Québec Canada, un document qui présente son projet de souveraineté-association qui est soumis à un référendum, l’année suivante, en 1980.

Précision des connaissances




Documents iconographiques utilisés


Sources détaillées à venir



















































HQC4 - P7 - La modernisation du Québec et la Révolution tranquille - 10 - Néonationalisme HQC4 - P7 - La modernisation du Québec et la Révolution tranquille - 10 - Néonationalisme Reviewed by Jimmy Grenier on 22 avril Rating: 5

Aucun commentaire