Histoire de première secondaire - Réalité 2 - L'émergence d'une civilisation en Mésopotamie

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Les premières sociétés sédentaires du néolithique vont, peu à peu, s’organiser et atteindre un niveau de développement économique, social, politique et culturel assez significatif pour devenir ce qu’on appelle des civilisations. Commence alors, avec l’invention de l’écriture, une nouvelle période historique, qu’on appelle l’Antiquité. Il existe plusieurs foyers de civilisation, comme la civilisation du Nil, en Égypte, la civilisation de l’Indus, près du fleuve du même nom, et la civilisation chinoise, près du fleuve Huang He. Nous allons porter notre attention sur la plus ancienne de celles-ci, la civilisation de la Mésopotamie, qui est située près de deux fleuves, le Tigre et l’Euphrate, où on trouve plusieurs cités importantes, notamment Ur, Lagash et Babylone.

Le choix de s’établir en bordure de ces deux fleuves ne tient pas du hasard. Être proche de ces deux cours d’eau amène son lot d’avantages, comme celui de faciliter les déplacements. La proximité des fleuves, en plus des besoins quotidiens de la population, favorise aussi la pratique de l’agriculture. Pour ce faire, construisent un réseau de digues et de canaux qui permettent de d’acheminer l’eau des crues des fleuves là où on en a besoin, ce qui permet de rendre les terres cultivables, même en période de sécheresse. De cette façon, il y plus de terres cultivables, ce qui améliore la productivité de l’agriculture.

La Mésopotamie n’est pas un pays uni ; elle est plutôt organisée en Cités-État. Chacune est autonome au niveau politique par rapport à ses voisines. Par exemple, chaque cité est dotée de son propre roi et de ses propres institutions, une indépendance qu’on peut observer avec la présence de murailles tout le tour des villes.

C’est vers 3500 av. J.-C que l’écriture est inventée, par les Sumériens, il s’agit de l’écriture cunéiforme. En forme de coin, on grave celle-ci sur des tablettes d’argile crues à l’aide d’un roseau. Au départ, cette écriture elle est constituée d’idéogrammes, c’est-à-dire que les dessins représentaient des idées. Petit à petit, les Mésopotamiens vont ajouter des signes qui représentent des sons pour en faire une écriture plus phonétique. L’écriture cunéiforme compte jusqu’à 600 symboles, ce qui demande un long apprentissage aux scribes, ceux qui savent lire et écrire. D’autres alphabets apparaissent au cours du 2e millénaire avant J.-C., comme l’alphabet phénicien, et remplacent graduellement l’écriture cunéiforme. Comme ces nouveaux alphabets sont constitués de lettres, on peut utiliser d’autres supports que des tablettes d’argile pour écrire, comme le papyrus, une sorte de papier fabriqué à partir des tiges d’une plante.

L’écriture amène aux Mésopotamiens de nombreux avantages pour l’administration de la Cité-État. Par exemple, elle permet à celle-ci de disposer de lois écrites. Le plus célèbre code de loi, c’est le code d’Hammourabi. Ce dernier, roi de Babylone, veut appliquer de manière uniforme les lois et régir différentes activités comme le commerce, l’architecture, l’irrigation et les travaux agricoles. Comme les lois sont reproduites en plusieurs exemplaires par les scribes, il est donc possible de diffuser les textes de loi à travers tout le territoire qui est contrôlé par le roi Hammourabi.

Le roi de chaque cité, en Mésopotamie, détient un pouvoir absolu, ce qui signifie qu’il se trouve au sommet de la hiérarchie sociale. Il est le chef politique et militaire de l’État, mais il a aussi une fonction religieuse puisqu’il représente les dieux sur terre. Pour l’assister dans ses tâches, il s’entoure de la noblesse, qui est composée de membres de sa famille et de ses proches qui occupent différents rôles importants. Certains sont des commandants de l’armée, alors que d’autres sont des grands prêtres, qui s’occupent de la religion et veillent au bon fonctionnement des temples. Ce sont aussi les nobles qui possèdent les terres de la cité, ce qui leur donne une place enviable dans la société. Les fonctionnaires, quant à eux, travaillent pour faire fonctionner l’administration royale. Parmi ceux-ci, on trouve les scribes qui occupent une place privilégiée auprès du roi puisqu’ils sont les seuls à savoir lire et écrire. Ils ont comme responsabilité, entres autres, de transcrire les textes officiels, mais ils sont aussi utiles aux marchands puisqu’ils leurs permettent de rédiger les contrats et de tenir la comptabilité de leurs échanges. Ces derniers peuvent ainsi accumuler des richesses en faisant du commerce avec les biens que produisent les artisans. Dans le bas de la hiérarchie, on trouve les paysans illettrés. Ceux-ci cultivent les terres et doivent payer des impôts. Les esclaves, quant à eux, sont généralement des prisonniers de guerre ou des hommes libres qui remboursent leurs dettes de cette façon. Ils travaillent pour leurs maîtres en effectuant de durs travaux ou en étant domestiques. 

La culture de la Mésopotamie est profondément marquée par l’invention de l’écriture. Par exemple, elle facilite la planification et la gestion de constructions de monuments comme les palais royaux et les temples, qu’on appelle ziggourats. Ces temples ont essentiellement une fonction religieuse, on y exerce le culte et ils sont considérés comme la demeure des dieux. Les prêtres sont responsables de faire le lien entre les humains et les dieux. Pour éviter les malheurs, on doit leur plaire en faisant des prières, des rituels, des sacrifices d’animaux et des cérémonies religieuses. C’est à travers des récits mythologiques que les croyances religieuses des Mésopotamiens sont diffusées à l’ensemble du croissant fertile. Le récit le plus connu, c’est en fait un ensemble de récits ayant comme héros un roi légendaire : l’Épopée de Gilgamesh. On y parle, entres autres, de la création de l’être humain et du récit du déluge. Bien que les Mésopotamiens parlent différentes langues, ils utilisent toutefois tous le même type d’écriture, ce qui facilite la diffusion de ce genre de récits.
L’écriture permet aussi de nombreuses avancées au point de vue scientifique. Les Mésopotamiens sont capables de mesurer le temps avec les astres, mais on sait aussi, grâce aux traités de médecine qu’on a retrouvés, qu’ils essaient de trouver les causes des maladies, bien que leurs connaissances soient fortement influencées par la religion. On sait aussi que les Mésopotamiens sont capables de faire des calculs mathématiques et géométriques. Cependant, plutôt que d’utiliser un système de calcul en base 10 comme nous, ils utilisent un système en base 60.


Jimmy Grenier

Enseignant au secondaire depuis une dizaine d'années, j'utilise ce site pour donner aux élèves un outil supplémentaire pour favoriser leur apprentissage.

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