Revendications et luttes dans la colonie britannique - Capsule 1 - Transmission des idées libérales



Au 18e siècle, un nouveau courant de pensée, inspiré des Lumières, va amener la circulation de nouvelles idées à travers toute l’Europe : il s’agit du libéralisme.   Cette idéologie, qui met les droits et libertés à l’avant-plan, va inspirer plusieurs nations à faire part aux autorités en place,  de leurs revendications d’ordre politique, social et économique.  Ceux qui détiennent le pouvoir vont avoir du mal à donner au peuple ce qu’il réclame, c’est pourquoi ces mêmes peuples vont souvent devoir lutter pour obtenir les changements qu’ils revendiquent.  Dans plusieurs pays, cette lutte est synonyme de révolution puisque les changements apportés seront profonds.  On peut citer deux cas parmi les révolutions les plus connues : la Révolution américaine et la Révolution française.   Ces deux révolutions ont en commun d’avoir été basées sur le libéralisme et serviront de modèles pour plusieurs autres dans le monde.

Depuis le changement d’empire, différents groupes ont transmis les idées libérales.   Les premiers à le faire, ce sont les marchands britanniques, puis les Loyalistes. lorsqu’ils ont réclamé en vain une Chambre d’assemblée.  D’ailleurs, la gazette de Montréal sera une publication qui aidera cette idée à faire son chemin dans les années 1780.  Plus tard, les Canadiens vont se joindre à eux et contribuer à la diffusion d’idées libérales comme la liberté, l’égalité et le l’idée du sentiment d’appartenance nationale.

La principale revendication des habitants de la Province de Québec, peu importe leur origine, c’est le principe politique de la représentation.  Ainsi, dans les années 1780, les demandes pour obtenir une chambre d’assemblée, composée de représentants de la population, deviennent de plus en plus pressantes. Dans ce contexte, les pétitions vont se multiplier, d’autant plus que la Chambre d’assemblée aurait dû être mise en place dès la Proclamation royale.  Celle-ci devient réalité en 1792 lorsque finalement les premières élections sont organisées dans la colonie.  Cette année-là, les habitants du Bas Canada, nouveau nom de la colonie,  vont enfin disposer d’une Chambre d’assemblée qui va défendre leurs droits. Cependant, cette dernière, qui ne détient que bien peu de pouvoir, ne sera, somme toute, que consultative.  L’essentiel des décisions sont toujours prises par le gouverneur et les autorités coloniales.  

Après l’obtention de la Chambre d’assemblée, les Canadiens vont encore s’inspirer des idées libérales dans leurs revendications, notamment en demandant qu’elle obtienne davantage de pouvoir.  Dans cette optique, des députés du Parti Canadien vont fonder un journal qu’on appellera tout simplement le journal le Canadien.  Ce dernier va faire connaître les différentes revendications du Parti Canadien, ce qui va parfois déplaire au gouverneur en place.  Pierre Bédard et François Xavier Blanchette l’ont appris à leurs dépens quand ils ont été emprisonnés et ont vu leur journal être fermé après avoir critiqué le gouverneur dans une chanson!   Dans les années 1830, Étienne Parent prendra la relève du journal, mais en adoptant un ton de plus en plus revendicateur, toujours pour obtenir davantage de démocratie.  D’autres publications comme la Minerve verront aussi le jour, toujours pour défendre les idées libérales.  Ce vent de liberté, on le verra plus loin, aura d’importantes répercussions sur le régime politique.

Jimmy Grenier

Enseignant au secondaire depuis une dizaine d'années, j'utilise ce site pour donner aux élèves un outil supplémentaire pour favoriser leur apprentissage.

0 commentaires: